Tétanisée par la peur, la petite fille n'avait plus fermé l'½il depuis plusieurs jours, à un tel point qu'on pouvait discerner, autour de ses yeux, des cernes noires, oui très noires, malgré sa pâleur. Elle restait toujours dans ce lit, à côté duquel était déposé une assiette avec un peu de nourriture. Elle n'y avait pas touché, et ce, depuis qu'elle était arrivé dans cette demeure. La chambre où on l'avait couchée était grande. De grands murs blancs, avec une frise de couleur beige avec quelques fleurs dessinées dessus, entouraient la pièce. Au plafond, un chandelier, avec quatre bougeoirs, qui semblait assez ancien, vu son style. La fillette était allongée sur le lit, proche des fenêtres. A sa droite, une table de nuit, et à sa gauche, une table, sûrement installée là occasionnellement pour y poser de la nourriture. En face d'elle, un bureau, très simple : une lampe, des livres... Rien de bien exceptionnel. En revanche, ce qui l'était dans cette pièce, c'était une toile accrochée au mur. Elle était noire, oui c'est ce qu'elle voyait, une toile totalement remplie de ténèbres. Ne supportant pas cette toile, elle évitait de poser son regard dessus.
Son corps était devenu faible, l'enfant sentait qu'elle n'allait plus tenir longtemps... ce qui arriva en effet. Ses yeux se fermèrent lentement, et sa tête tomba sur son oreiller...
« ...ce...lice... »
Un visage inconnu... qui était-ce ? Elle ne savait pas. Puis quelques minutes après, elle se frotta les yeux et s'en souvint ! Mais oui, c'est ... Il murmurait quelque chose, et elle le suivit. Le soleil commençait à se coucher, un magnifique crépuscule, qu'ils admirèrent tous les deux sous un énorme arbre d'une centaine d'années. Elle se sentait si bien là... oui. Les doux rayons du soleil qui passaient à travers l'arbre apaisaient toute son âme...
« Alice... » La fillette se tourna vers lui et lui sourit. Était-ce donc là son prénom ? Qui était-ce ? Pourquoi ne se souvenait pas totalement de son visage ?
Elle sentit alors un vent froid qui parcouru son corps, une sensation de malaise de propagea dans son esprit. Une ombre vint effacer ce souvenir, une personne, non. Un homme, vêtu de noir, le clown... le clown, oui c'était lui, la petite fille se mit alors à courir, oui aussi vite qu'elle le put.
Elle se releva alors, en sueur. Sa respiration se faisait de plus en plus forte et son c½ur battait fort, oui, tellement fort qu'elle croyait qu'il allait sortir de sa poitrine. Son corps se mit alors à devenir de plus en plus chaud, jusqu'à ce que le rêve s'évanouit.
L'enfant était toujours dans son lit. Elle se leva et regarda par la fenêtre. Le deuxième étage... Instinctivement, elle ouvrit la fenêtre et grimpa sur le bord de celle-ci, puis sauta. Elle ne portait qu'une simple robe de nuit, mais cela ne faisait rien. Elle venait d'atterrir dans un jardin, un magnifique jardin rempli de roses rouges. Pourtant, l'odeur donnait la nausée à notre protagoniste. La douce senteur pénétrait son corps doucement, et celui-ci devenait peu à peu encore plus pâle. Elle se boucha rapidement le nez en regardant ces fleurs avec dégoût. La fillette tenta de trouver une sortie... c'est alors qu'elle vit une porte. Ne réfléchissant pas, elle fonça droit dessus. Lorsque sa main fut sur la poignée, elle sentit qu'il y avait quelqu'un d'autre de l'autre côté. Machinalement, elle se recula rapidement; c'était un jeune garçon aux cheveux blancs, aussi blancs que la neige, tout comme sa peau. Ses yeux bleus reflétaient le ciel, tandis que ses lèvres minces étaient d'une couleur rose; pourtant, malgré cette beauté, il donnait une impression de tristesse et de solitude. Frappée par cette beauté, l'enfant recula et sentit alors que son pied l'avait trahie... elle allait tomber. Heureusement pour elle, le garçon la rattrapa et lui fit un sourire qui illumina tout son visage. Tout à coup, elle pensa à ce qu'elle faisait précédemment : elle cherchait une sortie. Elle poussa le jeune homme pour passer par cette porte et s'enfonça dans un couloir, dans un bâtiment, dans une maison dont elle ne connaissait rien.
Lorsqu'elle arriva au fond du couloir, elle vit une vieille porte en bois avec des décorations en fer. Rapidement, elle l'ouvrit et tomba sur un grand balcon sur lequel on avait accroché des dizaines d'hortensias. Sur un banc, au milieu du balcon, était assise une jeune femme: elle était penchée sur un bouquin qui semblait assez ancien, jusqu'à ce qu'une enfant débarqua en furie sur le balcon. Elle possédait de longs cheveux blonds, très bouclés à la pointe, un joli visage avec des yeux vert-bleu et une peau rosée. Son regard apaisa un peu l'enfant, elle semblait douce et gentille.
« Tu... » A peine avait-elle eu le temps de dire un mot que son interlocuteur avait reprit la porte par où elle était passée pour rentrer.
Dans ce long couloir, il y avait plusieurs autres portes sur le côté. Elle passa une fois encore en courant par ce chemin, croisant une jeune femme aux cheveux noirs et courts et un jeune homme avec des cheveux blonds mi-longs. Elle ne fit pas trop attention à eux : elle pénétra dans une chambre qui était à l'autre bout du couloir. Sa respiration se faisait de plus en plus forte et des gouttes de sueur perlaient de son corps. Elle venait d'arriver... dans une salle, où une jeune femme était entrain de mettre des fleurs dans un vase. Lorsque leurs regards se rencontrèrent, la jeune femme lui sourit, tandis que l'enfant lui lança un regard hostile. Où était-elle ? Pourquoi ? Et surtout, comment ?
« Bonjour jeune demoiselle, tu t'es bien reposée ?. » demanda t-elle doucement.
Sur ces mots, la fillette s'empara des ciseaux dont se servait la jeune femme pour couper les fleurs qui étaient sur une table, sans vraiment s'en rendre compte. Comme si c'était automatique, comme si un mécanisme s'était activé en elle. Elle continuait à froncer ses sourcils, à un tel point qu'on aurait dit un animal féroce... L'arme pointée était toujours pointée vers la jeune femme. Pourtant, celle-ci resta immobile, telle une statue; elle se leva et prit le couteau par la lame et le reprit immédiatement des mains de l'enfant.
« Je ne te veux pas de mal. Je t'ai recueillie il y a quelques jours alors que tu étais évanouie non loin de cet endroit... » La voix de cette femme était calme, sereine, et surtout douce. Au contraire, la voix de l'enfant se changea soudainement, sa voix se mit à être légèrement plus grave, une voix plus adulte:
« F... pa... Xaph..n? » murmura t-elle. Sur le coup, elle reprit ses esprits et ses yeux paraissaient choqués. Que s'était-il passé ? Cette voix... et ce trou noir ?
La femme ne disait rien, elle restait dubitative face à ce qu'elle venait d'entendre. Qui était cette enfant ? Que s'était-il passé ?
« Tu vas bien ?
- Oui... oui... je, je vais... bien. »
Décidant de faire mine de n'avoir rien entendu et vu, elle ré-entama la conversation.
« Comment t'appelles-tu ? Questionna la jeune femme, gentiment.
- ... présentez-vous d'abord, rétorqua l'enfant, sèchement. »
La femme fut un peu surprise, de voir autant de méfiance chez une petite fille qui semblait tellement sage et gentille.
« Eh bien... mon nom est Chris Warlen. Tu es dans dans l'orphelinat Cleinton, dont je suis la directrice, situé à l'est de la ville. Ici tout le monde m'appelle Chris.
- Je crois que mon prénom est A..lice.
- As-tu des parents ? De la famille ?
- Pa-rents...? Famille ? »
Ces mots évoquaient quelque chose à Alice. Une lueur apparu dans ses yeux. Quel était ce sentiment qui compressait sa poitrine ? De toute façon, elle ne savait pas exactement ce que c'était, donc évidemment, elle n'en avait pas.
« Non. Je n'en ai pas, rétorqua la fillette.
- Tu ne sais rien d'autre sur toi ? Demanda Chris, étonnée.
- Rien, répondit Alice, froidement.
- Bien, tu vas rester ici quelques jours et je te renverrai chez toi.
- Chez moi ? Je n'ai pas d'endroit où aller...
- Je vois... Nous pouvons te trouver une chambre ici si tu le souhaites, je te laisse réfléchir. » déclara Chris. Sur ces mots, elle quitta la pièce.
C'était une jolie jeune femme. De jolis cheveux roux foncés glissaient le long de son dos et le contraste rendait sa peau blanche encore plus éclatante. Ses yeux émeraude brillaient tel des pierres précieuses et attirait toujours ses interlocuteurs. Elle était mince et son corps était plutôt musclée pour une directrice d'orphelinat. Alice trouvait qu'elle ne ressemblait pas à cela du tout, surtout à cause de son âge; en plus son corps semblait léger, plutôt agile aurait-elle dit... mais seulement, comment avait-elle déduit cela ? Elle ne sait pas. C'était si naturel de penser comme cela pour elle.
Elle serra sa main et la rouvrit pour regarder le creux de sa main, toujours troublée. Qui était-elle ? A quoi correspondait ces rêves, et ce moment où elle eut une absence, comme si quelqu'un avait prit le contrôle de son corps ? Non ce n'était pas ça... elle avait peut-être tout simplement rêvé. Après tout, Chris ne lui avait rien dit après ça... Oui, c'était juste un petit rêve éveillé. Elle quitta la pièce en fermant la porte et décida de revenir dans la chambre où elle était précédemment pour retourner se reposer et réfléchir sur les évènements qui venaient de se passer.
Encore un nouveau mystère pour Alice, mais ce n'est que le commencement...
Commentaire : Coucou tout le monde ! Je sais vous l'avez attendu ce chapitre. Je m'excuse du retard. Les vacances et mon job d'été ne m'ont pas laissée une seule minute de répit ! Bref, comme toujours, j'attends les commentaires et les critiques (expressions, phrases mal tournées, orthographe, répétitions etc.) ! J'espère que ce chapitre vous plaira ... Ceux qui souhaitent être avertis pour le prochain chapitre, indiquez le dans les commentaires (sauf pour ceux qui m'ont mis en favori qui sont évidemment prévenus) ! (oui je lis les commentaires !! et j'essaye d'y répondre par la même occasion )
Bref à bientôt (prochain chapitre !) Je ne sais pas quand il arrivera, ça dépendra de mon rythme d'écriture !
Bonnes fin de vacances à vous !